D'une seule reine en 2004 à la totalité des départements métropolitains.
Le frelon asiatique est arrivé en France en 2004, dans le Lot-et-Garonne. Vingt ans plus tard, sa présence est avérée dans tous les départements métropolitains. L'éradication de l'espèce n'est plus considérée comme envisageable : l'enjeu porte désormais sur la gestion de ses effets.
Le frelon asiatique à pattes jaunes (Vespa velutina nigrithorax) est originaire d'Asie continentale — nord de l'Inde, Chine, et zones montagneuses d'Asie du Sud-Est. Sa présence en France a été signalée pour la première fois en 2004, dans le Lot-et-Garonne.
L'hypothèse communément admise est celle d'une introduction accidentelle par un transport de marchandises en provenance de Chine — un récit associe l'événement à une livraison de poteries dans laquelle une fondatrice en hivernage se serait trouvée piégée. Les analyses génétiques conduites depuis indiquent que la population européenne descend d'un très petit nombre de fondatrices, peut-être d'une seule.
Ce point mérite une réserve : le scénario précis de l'introduction relève de la reconstitution a posteriori. Ce qui est établi, c'est la date, le lieu, et l'origine génétique très étroite de la population.
Les données du Muséum national d'Histoire naturelle permettent de suivre l'avancée de la colonisation :
| Année | Situation |
|---|---|
| 2004 | Première observation, Lot-et-Garonne |
| 2006 | Présent dans 13 départements du sud-ouest |
| 2012 | Présent dans 56 départements |
| Aujourd'hui | Présence avérée dans tous les départements métropolitains |
L'espèce s'est également propagée aux pays européens voisins. Des travaux de modélisation publiés dès 2013 anticipaient cette expansion et la reliaient aux conditions climatiques ; le rapport de l'Anses de 2025 estime qu'une expansion à toute l'Europe est prévisible d'ici 2100 du fait de conditions favorables à son installation.
Le frelon asiatique est un prédateur généraliste et opportuniste. Il consomme une grande diversité d'insectes et cible en priorité les proies localement abondantes et faciles à capturer. L'abeille domestique devient sa proie dominante non parce qu'il la préfère, mais parce qu'une ruche concentre des milliers d'individus en un point fixe.
Une étude du Muséum national d'Histoire naturelle estime qu'un nid consomme en moyenne plus de 11 kilogrammes d'insectes entre mars et octobre, dont environ 38 % d'abeilles domestiques, 30 % de mouches et 20 % de guêpes.
Sur les ruchers, le dommage principal n'est pas le nombre d'abeilles prélevées mais le blocage de l'activité de la colonie : sous la pression, les abeilles cessent de sortir et ne constituent plus leurs réserves d'hivernage.
Sur la biodiversité sauvage, en revanche, les connaissances restent incomplètes. Le projet de plan national indique que « les premières études montrent que l'impact global du frelon sur les communautés d'insectes sauvages pourrait être limité », tout en soulignant que cette question doit être approfondie. Il faut se méfier des affirmations catégoriques dans un sens comme dans l'autre.
À partir du milieu de l'été, les frelons adultes se positionnent en vol stationnaire devant l'entrée de la ruche, à quelques dizaines de centimètres de la planche d'envol. Ils interceptent les butineuses au retour, chargées et donc moins manœuvrantes.
La proie est emportée à l'écart et découpée : seule la partie thoracique, la plus riche en protéines, est rapportée au nid pour nourrir les larves. Les frelons adultes, eux, se nourrissent principalement de sucres — nectar et fruits mûrs.
Un seul frelon en vol stationnaire suffit à modifier le comportement de toute la colonie d'abeilles.
Les dégâts ne se limitent pas à l'apiculture. En arboriculture et en viticulture, les frelons adultes s'attaquent aux fruits mûrs — raisins, pommes, poires — provoquant des pertes de rendement et une dégradation de la qualité des récoltes. En viticulture, ces atteintes peuvent favoriser le développement de pourritures.
S'y ajoute un effet indirect : la baisse de l'activité de pollinisation liée à l'affaiblissement des colonies d'abeilles.
LeFrelon publie les signalements et destructions de nids par département, intercommunalité et commune.
Sa présence est avérée dans tous les départements métropolitains. Cela ne signifie pas que la pression soit identique partout : elle varie fortement selon les régions et les années, et c'est précisément ce que le projet de plan national propose de mesurer par une classification des départements en quatre niveaux de densité.
Il est inscrit depuis 2016 sur la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l'Union européenne. En France, il est classé danger sanitaire de deuxième catégorie pour l'abeille domestique depuis un arrêté du 26 décembre 2012. Voir la réglementation
Oui, le frelon oriental, détecté à Marseille en 2021 et cantonné au sud-est. Les frelons géants, dont le frelon grand-duc (Vespa soror) observé en Espagne, n'ont en revanche jamais été observés en France.
Informations vérifiées le 14/08/2026.