Une colonie, une seule année — et un nid qui ne resservira jamais.
Une colonie de frelon asiatique vit une seule année. Elle démarre à la fin de l'hiver avec une fondatrice seule, atteint son maximum en octobre-novembre, puis meurt entièrement avec le froid. Seules les jeunes femelles fécondées survivent, cachées ailleurs, pour recommencer au printemps suivant.
Le cycle se déroule en quatre grandes phases : hivernation, fondation, croissance et reproduction.
Décembre à fin janvier
Les nids sont bien visibles, souvent haut dans les arbres, mais ils sont inactifs et définitivement abandonnés. Les futures reines fondatrices, elles, hivernent isolément dans un vieux tronc, la litière, un tas de bois ou une anfractuosité.
Février à avril
Les fondatrices sortent d'hivernage et cherchent un endroit abrité pour bâtir le nid primaire, ou nid embryon. À cette période, la fondatrice est seule : elle construit, pond et nourrit ses premières larves sans aucune aide.
Les emplacements typiques sont protégés des intempéries : cabane de jardin, avancée de toiture, grange, encadrement de fenêtre, ruchette vide.

Fin avril, courant mai
Les premières ouvrières émergent et prennent le relais : soin des larves, agrandissement du nid, approvisionnement. La fondatrice cesse de sortir et se consacre à la ponte.
Ces premières générations sont nettement plus petites — environ 1,5 cm, contre 3 cm pour les suivantes. C'est la seule période de l'année où la taille permet de distinguer une fondatrice d'une ouvrière.

Juin à septembre
La population augmente et le nid primaire devient trop étroit. Les ouvrières construisent un nid secondaire, où la reine déménage pour poursuivre sa ponte. C'est aussi le moment où débute la prédation sur les ruchers.
Le nid secondaire est le plus souvent situé en hauteur dans un arbre — 73 % des nids sont à plus de 10 mètres — mais on en trouve aussi dans les bâtiments (10 %) et les haies (3 %).

Septembre à octobre
La colonie est à son plein développement. Les ouvrières ont besoin de rapporter beaucoup de protéines pour nourrir les larves, et la pression sur les ruchers atteint son maximum.
C'est à cette période que les colonies d'abeilles cessent de sortir et ne parviennent plus à constituer leurs réserves d'hivernage — le dommage principal du frelon asiatique.

Octobre
Le nid produit des mâles et des femelles sexuées. Les accouplements ont lieu, et les jeunes femelles fécondées deviendront les fondatrices de l'année suivante.
À l'automne, les différences entre ouvrières et futures reines ne sont plus visibles à l'œil nu : elles ne se mesurent qu'avec un équipement optique.
Novembre
Le nombre de frelons adultes atteint son maximum en octobre-novembre, puis diminue avec le départ des femelles fécondées vers leurs lieux d'hivernage. Elles se dispersent et ne reviendront pas au nid.
Décembre
La vieille reine, les ouvrières et les mâles meurent. L'ensemble de la colonie meurt l'hiver venu. Le nid se dégrade sous l'effet des intempéries.

C'est le point le plus utile à retenir, et le plus souvent ignoré : un nid vide n'est jamais recolonisé. Ni par la même espèce, ni l'année suivante.
Il peut persister plusieurs mois après la disparition de la colonie avant de se déliter sous la pluie et le vent. Pendant tout ce temps, il ne présente aucun danger et sa destruction n'a aucun intérêt sanitaire.
Les futures reines, elles, sont déjà parties hiverner ailleurs, dispersées dans l'environnement. Détruire un nid en hiver ne réduit donc en rien la population de l'année suivante.
C'est aussi pour cela que tant de nids sont découverts en automne et en hiver : construits haut dans les arbres, ils restent invisibles tout l'été et apparaissent d'un coup à la chute des feuilles, alors que la colonie est déjà en fin de cycle.
Les adultes et les larves n'ont pas le même régime, et c'est ce qui explique le comportement de l'espèce.
Les adultes se nourrissent de sucres : nectar, fruits mûrs, miellat. C'est pourquoi on les observe sur les fruits en fin d'été, et pourquoi les appâts de piégeage sont sucrés.
Les larves ont besoin de protéines animales, que les ouvrières doivent chasser. Le frelon asiatique est un prédateur généraliste et opportuniste : il cible les proies localement abondantes et faciles à capturer, ce qui explique la place prise par l'abeille domestique dès lors qu'un rucher se trouve à proximité.
Une étude du Muséum national d'Histoire naturelle estime qu'un nid consomme en moyenne plus de 11 kg d'insectes entre mars et octobre, dont environ 38 % d'abeilles domestiques, 30 % de mouches et 20 % de guêpes.
Non. La colonie est morte et le nid ne sera jamais réoccupé. La destruction n'apporte rien, ni pour la sécurité, ni pour la population de l'année suivante.
Une colonie développée compte plusieurs milliers d'individus au plus fort de la saison, très loin devant le frelon européen ou les guêpes communes, dont les nids dépassent rarement le millier.
Le nid primaire est construit par la fondatrice seule, dans un endroit abrité et à faible hauteur. Il devient vite trop petit : la colonie déménage alors vers un nid secondaire, plus grand et souvent bien plus haut. Les deux peuvent coexister quelque temps.
Le plus tôt possible dans la saison. Un nid détruit en septembre a déjà produit l'essentiel de sa prédation et est proche d'émettre ses futures reines. Voir la page destruction
Informations vérifiées le 14/08/2026.